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MANUSCRITS

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MANUSCRITS

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TOME VII

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CATALOGUE GENERAL

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DES

MANUSCRITS

DES BIBLIOTHÈQUES PUBLIQUES

DES DÉPARTEMENTS

PUBLIÉ SOUS LES AUSPICES DU MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

TOME VII

TOULOUSE - NÎMES

PARIS

IMPRIMERIE NATIONALE M DCCC LXXXV

INTRODUCTION.

Le tome VII du Catalogue général des manuscrits des bibliothèques des départements renferme l'inventaire détaillé et méthodique des collec- tions municipales de Toulouse et de Nîmes, collections d'importance inégale , mais l'une et l'autre intéressantes. On ne trouvera pas mau- vais que l'auteur de ce catalogue résume en quelques pages les indi- cations qu'il a pu rassembler sur l'origine de ces manuscrits et la for- mation de ces deux collections. Beaucoup des renseignements consi- gnés ci-dessous paraîtront incomplets au lecteur; mais loin d'avoir voulu faire un travail bibliographique complet, on a voulu unique- ment utiliser xm certain nombre de notes relevées au cours de l'im- pression du volume; aux érudits locaux du Languedoc, trop peu sou- cieux jusqu'ici de l'histoire littéraire de cette province, il appartiendra de compléter et de rectifier ces brèves indications.

I. BIBLIOTHÈQUE DE TOULOUSE.

La bibliothèque municipale de Toulouse date de 1762. Lors de la dissolution de l'ordre des Jésuites, les livres réunis par eux devin- rent la propriété du nouveau collège royal.

A ce premier fonds, l'archevêque de Toulouse, Loménie de Brienne, grand amateur de livres et aussi bon administrateur à Tou- louse et à Sens qu'il fut plus tard mauvais ministre, sut ajouter plu- sieurs autres collections : en premier lieu, les livres de M. Castillon, membre des deux académies de Toulouse, acquis en 1782, puis la bibliothèque de Lefranc de Pompignan, dont il sera question plus

C MA!«. DES BIBL. VII. A

IKPRIUERir: lATlOlfALB.

II INTRODUCTION.

loin. Par les soins du même prélat, la bibliothèque fut ouverte au public en 1786. En 1789, le collège royal devint collège national; en 1796, il fut remplacé par une école centrale; mais la biblio- thèque ne changea point de local, et en i8o3 l'administration en fut confiée à la ville de Toulouse. Dans l'intervalle, le premier fonds s'était fort accru; l'exécution des lois révolutionnaires contre les reli- gieux et les émigrés avait mis entre les mains des administrations locales une masse énorme de livres et de manuscrits, et une bonne partie de ces richesses était venue s'ajouter aux livres réunis sous l'ancien régime.

Nous n'avons aucun détail sur la manière dont furent administrés à Toulouse les dépôts nationaux; l'examen des anciens catalogues prouve que pom' les manuscrits tout au moins les perles furent assez faibles, et, de ce chef, la bibliothèque de Toulouse possède aujour- d'hui presque tout ce que renfermaient avant 1789 les collections laïques et ecclésiastiques de cette ville. Toutefois on peut s'étonner du petit nombre de manuscrits très anciens qu'on y trouve ; on com- prend difficilement qu'une abbaye aussi célèbre que celle de Saint- Sernin, un chapitre aussi riche que celui de Saint-Elicnne n'aient pas fourni quelques bons manuscrits des ix'^ et x* siècles. Cette pé- nurie tient à plusieurs causes très différentes. On doit remarquer en premier lieu qu'à Toulouse, comme partout ailleurs en Languedoc, le clergé parait avoir été assez ignorant dans les temps anciens du moyen âge, et celte ignorance fut une des causes du discrédit de l'Eglise dans ce pays au xif siècle. La fondation de l'université de Toulouse en 1229 amena, il est vrai, la restauration des études ecclésiastiques dans cette partie de la France, mais cette restaura- tion fut presque uniquement l'œuvre des Dominicains et des Au- gustins; ces deux ordres mendiants fournirent aux écoles, aux facultés tle droit et de décret la plupart de leurs professeurs et gardèrent longtemps le monopole de l'enseignement tliéologique. Aussi est-ce de ces deux couvents que viennent presque tous les manuscrits an- ciens possédés aujourd'hui par la bibliothèque de Toulouse. Ce n'est

INTROnUCTION. ' m

pas que la haute bourgeoisie toulousaine ait négligé les lettres; la fondation de l'Académie des jeux floraux par les capitouls au début du XIV'' siècle est une preuve du contraire; plus tard la Renaissance fut bien accueillie à Toulouse; cette ville produisit ou recueillit quelques-uns des plus célèbres humanistes du xvi" siècle, et les let- trés, les érudits, les hommes de science qu'elle vit naître lui assurent un des premiers rangs parmi les villes de France. Ses écoles et ses collèges, réformés sous Louis XIV, échappèrent en partie à la déca- dence irrémédiable dont l'enseignement supérieur avait été frappé; et ces traditions littéraires et scientifiques, héritage de plusieurs siècles, y sont encore aujourd'hui très vivaces.

Les manuscrits anciens manquent donc un peu à la bibliothèque de Toulouse , principalement par la faute des clercs du haut moyen âge. Ajoutons qu'elle n'a pu recueillir beaucoup de très bons ou- vrages conservés autrefois dans cette ville et qu'on retrouve aujour- d'hui dans les dépôts parisiens. Citons seulement la bibliothèque du collège de Foix, ancienne propriété des papes d'Avignon, entrée au xvn^ siècle dans la bibliothèque de Colbert, et aujourd'hui à la biblio- thèque Nationale; rappelons aussi les nombreux manuscrits pris ou achetés par Baluze dans le Languedoc; n'oublions pas enfin que l'un des plus célèbres amateurs de manuscrits du xvii'' siècle, l'intendant Foucault, est passé à Toulouse, et que sa collection fut formée en partie aux dépens des établissements languedociens.

La bibliothèque municipale de Toulouse ne possède donc pas à beaucoup près tous les manuscrits exécutés ou collectionnés dans cette ville depuis le xiu" siècle, mais ce qui lui en reste est loin d'être sans valeur. Les établissements religieux qui lui ont fourni des manuscrits sont les suivants : couvents des Auguslins, des Dominicains , des Fran- ciscains de Toulouse et de Mirepoix, des Carmes, des Chartreux, de la Merci, prieuré bénédictin de la Daurade, église cathédrale de Saint-Etienne, et abbaye de Saint-Sernin; abbaye de Moissac; Feuil- lants, Minimes, Capucins, Jésuites de Toulouse, d'Albi et de Saint- Bertrand de Comminges; Doctrinaires , enfin Oratoriens de Rieux.

IV INTRODUCTION.

Ajoutons-y les manuscrits de la bibliothèque dite du Clergé, dont

nous ferons riiistorique plus loin.

1. AUGUSTINS.

Le couvent des Augustins a fourni à la bibliothèque de Toulouse un bon nombre de manuscrits, 118, dont l'aspect extérieur prouve la diligence des anciens bibliothécaires. Le contenu de ces volumes est des plus variés. On y trouve beaucoup de bons exemplaires d'ouvrages des Pères et des principaux auteurs scolastiques, quelques traités de philosophie, les seuls que possède la bibliothèque de Toulouse, enfin plusieurs volumes intéressants de droit canon. Des recueils for- més à l'époque tous les volumes reçurent une reliure uniforme en basane, c'est-à-dire au xvii" siècle, montrent avec quel soin les reli- gieux réunirent les moindres fragments anciens (n"' 87 1 et suiv.). Nous connaissons mal l'histoire de cette intéressante collection; et le cata- logue du xvni® siècle que nous publions en appendice ' est trop mo- derne pour fournir grandes lumières à ce sujet; il prouve seulement que la plupart des volumes autrefois conservés chez les Augustins sont arrivés à la bibliothèque municipale. Toutefois nous trouvons au XV' siècle un librarista, un garde de la librairie, nommé Jean Miranda, lequel répara et fit relier un ancien commentaire sur les Psaumes (n" 87); nous savons aussi qu'un Ecossais, nommé Jacques Cadan, mort à Toulouse en 1614, avait légué une partie de ses livres aux Augustins^. Enfin les notes inscrites par les premiers possesseurs sur les volumes nous font connaître les noms de quelques-uns des anciens bienfaiteurs de la bibliothèque. En voici la liste ;

Alehan (Jean), augustin, fit copier un recueil de sermons par un de ses con- frères du couvent de Poitiers (n" jSo).

BoLDON (Guillem de), augustin de Provence, étudiant à Paris en i38o, se fit faire une copie du commentaire d'Ugolin d'Orvieto sur les Sentences par un de ses condisciples, religieux du même ordre (n° 2^9).

I. ' Mémoires de la Société archéologique du midi de la France, III, iSa (ar- ticle de Dumège).

INTRODUCTION. t

Arnaud (Germain), du même ordre, donna à la bibliothèque en i436, à la requête de Jean Miranda, un exemplaire de la postille de Jean de Hesdin sur TépîtreàTite (n° 64).

Four (Jean du) , vend à B. Jornal au xv" siècle un recueil d'extraits des Mo- ralia de saint Grégoire (n" lu).

Galinier (Fr. Bernard), se fait écrire un missel en i362 par un moine augus- tin du couvent de Tlsle d'Albi (n° 91).

Marchand (Fr. Clément), étudiant à Toulouse, achète au xiv° siècle un recueil d'ouvrages d'Albert, le Grand, de saint Thomas d'Âquin et de Gilles de Rome (n° 216).

Paulet (Fr. Salvi), possesseur au xvn' siècle d'un missel du \y' (n° 102).

Pellissier (Fr. Dominique) , possesseur au xv° siècle du 2^8.

Peyre (Arnaud de), du couvent de Toulouse, donne à la librairie en l^^^ un commentaire sur les psaumes pénitentiaux (n° 229).

RoDEN (Fr. Guillaume-Hugues de), possesseur du A6.

RuFFi (Fr. Arnaud), du couvent de Montréal de Rivière, au xv' siècle, maître en théologie, régent au couvent de Toulouse, auteur d'un recueil de sermons conservé sous le 272, possédait les n°' 192, 217, 2^b et 787.

Vene (P. de), maître en théologie et prieur général de l'ordre, se fit copier en 1/117, par un augustin allemand, étudiant à Toulouse, le commentaire de Gilles de Rome sur le deuxième livre des Sentences (n° 2 4i).

Ville (Fr. Etienne de la), étudiant à Pérouse en i335, copiste d'un QuoWe< de Pierre Auriol (n° 739).

Citons encore un manuscrit venant du couvent des frères PrêcheiU's de Toulouse (n" 98), et un autre ayant appartenu au cardinal Bragose , mort en 1867 ("" ^^j-

Le meilleur des manuscrits venant des Augustins est le recueil de canons écrit en lettres onciales, qui porte le 364; ils le possé- daient dès 1710'. On peuf remarquer que beaucoup des volumes réunis par eux sont antérieurs au xm" siècle, date de la fondation de l'ordre , et que les anciens bibliothécaires semblent avoir tenu à ras- sembler le plus grand nombre possible d'ouvrages de saint Augustin et les traités publiés par les plus célèbres écrivains de leur ordre.

Voici la liste des manuscrits venant des Augustins, que nous avons

' Voir p. 206, 18. «^

VI INTRODUCTION.

reconnus à la bibliothèque de Toulouse ; les numéros pour lesquels celte provenance est moins certaine sont suivis d'un point d'interrogation.

N" 1,6, i5, 21, 22, 25, 34, 37, 39, 4i, /i6, 5/i, 55, 60, 65, 71, 74, 89, 91, 92, 98, 102, 118, i5o, i58, 169, 162, i64, i65, 166, 167, 169, 17/1, 175, 176, 180, 181, i83, 187, 190, 192, 199, 200 (?),2o6,209, 216, 217, 220, 223, 225, 227, 229, 23o, 23i, 235, 24o, 24i, 242, 243, 245, 247, 248, 249, 25o, 261, 252, 257, 3io, 3i2, 3i5, 317, 319, 32i, 322, 323, 324, 325, 326, 327, 328, 334, 338, 34o, 34i, 364, 366, 367, 373, 38o, 38 1, 383, 386, 389, 4o2, 423, 459, 476, 712, 713, 733, 734, 735, 737, 738, 739, 740, 742, 745, 746, 8io, 8i5, 829, 871, 872, 873, 875, 876, 877.

2. Dominicains.

Plus nombreuse que celle des religieux Augustins \ la collection de manuscrits des Dominicains de Toulouse était aussi beaucoup plus intéressante. En 1 767, ce couvent possédait 5,774^ volumes imprimés, un certain nombre de manuscrits et quelques incimaliles ^. Premier monastère fondé par saint Dominiqvie, il avait toujours compté au moyen âge des religieux lettrés, et la bibliothèque avait été soigneu- sement entretenue et accrue. On sait avec quel zèle les chapitres généraux de l'ordre, au xiu^ et au xiv* siècle, surveillaient et di- rigeaient l'enseignement dans les prieurés de l'ordre, ne laissant jamais un monastère sans lecteur, encourageant par des dispenses les frères les mieux doués et les plus studieux, veillant à ce que chaque cloître eût toujours des livTes et des maîtres. Les résultats de cette habile direction se firent bientôt sentir; aucun ordre religieux du moyen âge n'a produit de plus grands théologiens et de plus grands canonistes que celui de Saint-Dominique, et les frères du prieuré de Toulouse contribuèrent par leiu-s travaux au bon renom de l'ordre tout entier. Le nombre des manuscrits possédés par ce couvent était par suite assez considérable; le catalogue que nous publions plus

' Elle comptait i3a volumes. ' Histoire et mémoires de T Académie de Toulouse, I (178a), p. 4i.

INTRODUCTION.

Tii

loin' date de la fin du xvii" siècle, et prouve que, plus soigneux que les chanoines de la cathédrale Saint-Etienne, les Dominicains n'avaient pas laissé dépérir leurs collections littéraires.

Ces collections s'étaient formées par des voies bien diverses. On doit citer en première ligne les livres donnés par le célèbre Bernard de Castanel, évèque d'Albi, puis duPuy de 1276 à i3i6, mort car- dinal de Porto en 1 3 1 7^ Prélat éclairé , protecteur des lettres et des arts, Bernard de Castanet s'était formé une riche bibliothèque qu'il légua en partie aux Dominicains de Toulouse. Les ouvrages que ren- ferment ces manuscrits sont généralement peu importants, mais ils ont été copiés avec soin par des écrivains du midi de la France , enluminés avec élégance et sobriété, et sont de précieux monuments de la calli- graphie languedocienne à la fin du xin*^ siècle^.

Moins élégamment écrits que les manuscrits de Bernard de Cas- tanet, mais incomparablement plus précieux pour l'histoire, sont ceux de Bernard Gui. Inutile de raconter la vie et d'énumérer les trav.aux de ce célèbre historien; le mémoire que lui a consacré M. L. Dehsle^ dispense à ce sujet de toute indication. Il suffira de rappeler que, in- quisiteur à Toulouse pendant dix -ept ans, de 1807 à iSaS, prieur de plusieurs couvents du Languedoc, Bernard semble avoir tenu à honneur de doter letmonaslère de ToiJouse de ses principaux ouvrages; les religieux de leui' côté complétèrent sans doute cette utile colleclion.

' Appendice, II.

' Ces manuscrits sont datés des années lagS-iSoo. Un autre manuscrit ayant la même origine et venant des Dominicains de Chambéry, est aujourd'hui à la biblio- thèque municipale de cette ville. Voici la clause de donation qui se lit à la fin des manuscrits donnés par Castanet :

« Istud volumcn dédit reverendus pater dominus Bernardus de Castaneto, divinii providentia episcopus Ain'ciensis, conven- lui fratrum Predicatorum de Tholosa , cum conditionibus quod non possit dari , vendi ,

permutari , impignorari , extra conventum accomodari seu quocumque alio titulo alienari, et sic recepit ipsuni dictus con- ventus quod si fieret, dat ipsum saramo pontiiici et vull quod prior teneatur red- derc ralionem camerario summi pontificis quandocumque fuerit requisitus, quia de his conditionibus et donatione liabet in- strumentum registrntum camerarius ante- dictus. Quicumque hic leg^t oret Dominum pro donanle. »

^ Notices et extraits des munuscrits. Voir t. XXVII, 2" fKkrtie.

vm INTRODUCTION.

Beaucoup des exemplaires ainsi réunis sont des plus importants ; quel- ques-uns même sont en partie autographes, et c'est principalement d'après eux que les premiers biographes de Bernard Gui, les pères Quétif et Echard , avaient retracé la vie et étudié les travaux de cet écrivain.

Les autres bienfaiteurs de la bibliothèque des Dominicains de Tou- louse sont moins célèbres, il suffira de les énumérer. On doit noter d'abord plusieurs manuscrits donnés par les auteurs mêmes, un com- mentaire sur le livre de Job, composé par un défmiteur de l'ordre de Saint-Dominique (n° 43); des postilles sur l'Apocalypse d'Arnaud Bernard (n° 67); la vie de saint Vincent Ferrier, de Pierre Bazzano (n" ^86). Peut-être doit-on compter également au nombre des bien- faiteurs de la librairie Jean de Cardailhac, patriarche d'Alexandrie et administrateur de l'archevêché de Toulouse (n° A60), et plusieurs re- ligieux de l'ordre, inconnus d'ailleurs, Pierre de Montastruc (n° 3 1 3) , .îean d'Aspet (n" 333), Pons Aimeri (n" /lôa). Rappelons encore que deux manuscrits viennent des couvents de Millau (n" 69) et de Montauban (n° 7^4 1). Notons aussi le soin avec lequel les religieux réunirent les œuvres de certains auteurs de l'ordre, Pierre de Ta- rentaise (n™ aSG-aSg), Thomas de Lemos (n°' 258-269); "'ou- blions pas enfin nombre de volumes de liturgie, écrits pour la plupart au couvent de Toulouse. On s'étonnera peut-être de trouver dans cette collection si peu d'ouvrages des deux plus grands Dominicains du xin® siècle, Albert le Grand et Thomas d'Aquin; c'est sans doute à des dilapidations déjà anciennes qu'il faut attribuer l'absence de ces traités. Telle qu'elle nous est parvenue, la collection des manuscrits des Dominicains de Toulouse renferme encore beaucoup de volumes du plus haut intérêt.

Manuscrits venant des Dominicains :

N"3, 18, 19, 20, 28, 29, 3o, 3i, 33, 35; 38, 43, 4?, 48, 49, 5o, 5?, &9' 7^' 77i 78, 79, 82, 83, 96, 100, 101 (?), io3, io4i io5, 110, m, 112, ia5, 128, i55, 170, 171, 172, 173, 197, 2i3,2i5, 219, 221, 222, 234(?), 236,237,238,239, 244(?), 246, 256, 258, 269, 260, 261, 262, 263,

INTRODUCTION. ix

264, 265, 266, 267, 268, 269, 271, 277 (?), 287, 296, 297, 3i3, ii!\, 332, 333, 336, 337, 339, 342, 345, 346, 347, 348, 349, 365, 369, 370 (?), 378, 379, 385, 388, 392, 417 (?), 4i8, 45o, 46o, 462, 474 (?), 475, 477. 'iyS, 479. ^80, 48i, 485, 486, 487, 488, 489, 490, 609 (?), 610, 741, 743, 744, 806, 8i3, 8i4, 8i8 (?), 820, 874, 883.

Legs Castanet. 16, 44, i54, i6i, 168, 178, i85, i86, 189, 2o4.

3. Franciscains.

Le couvent des Franciscains de Toulouse était moins riche et moins florissant que ceux des Augustins et des frères Prêcheurs , et les études littéraires paraissent y avoir été peu en faveur. Qua- rante-deux manuscrits seulement viennent de ce couvent, et bien peu ont de l'importance. On n'a presque aucun enseignement sur l'his- toire de cette librairie durant le moyen âge. Notons toutefois un ouvrage de Nicolas de Lire , copié pour le couvent par un frère Mineur de famille noble (n°26); le beau missel donné par Jean de la Tixerenderie, évêque de Rieux au xiv* siècle, fondateur d'une somptueuse cha- pelle dans l'église du couvent (n" 98); un bon manuscrit ayant appar- tenu à l'abbaye cistercienne de Grandselve (n° 162); un recueil d'ouvrages de théologie , donné au couvent par un frère Raimond Gautier, au xv* siècle (n° 198); un volume ayant appartenu à Jean d'Etampes, évêque de Carcassonne au xv" siècle (n° 271). La plupart de ces manuscrits renferment des ouvrages de théologie et apparte- naient anciennement au couvent. Celui-ci au xviii^ siècle était égale- ment riche en ouvrages imprimés. En 1624, Jean Georges de Ga- raud, sieur de Donneville, président à mortier au Parlement de Tou- louse, lui avait légué sa bibliothèque et une rente assez importante, pour servir à accroître et à entretenir ce premier fonds. Voici un ex- trait de son testament^ :

« .... Et parce que les Cordeliers, à cause de leur pauvreté, ne peuvent pas recevoir des fondations, je leur donne et lègue ma bi-

' Ms. 884; extrait obligeamment communiqué par M. Lapierre, bibliothécaire de Toulouse.

MAN. DES BIBL. VII. B

IHrKIHEIllE NATIONALE.

^ INTRODUCTION.

bliotèque à ceste condition. . ., voulant aussi qu'il soit placé 6,000 livres sur le clergé, province de Languedoc, ville de Tholose, ou au meilleur endroit qu'il se pourra ... en rante constituée .au denier dix huict s'il est possible, sinon au denier vingt, pour par ledit exé- cuteur testamentaire en percevoir annuellement la rante, et après son décez, par mes héritiers, en présance du s" des pères Cordeliers, dès que la somme sera délivrée, pour estre employée, la moitié à la nourriture des religieux, et l'autre moitié à la doctation de ma biblio- lèque, en achapt de livres, dont ils seront tenus de fournir un ca- thalogue tous les ans. . . Je veux aussy qu'ils soient tenus d'ouvrir la- dite bibliothèque à tous les escoliers qui estudieront en l'université de Tholose, et qui porteront une attestation de M. Martres, profes- seur en droit françois, et, après luy, de celuy des professeurs de lad. université qui sera nommé par mes héritiers, et ce le matin et l'a- près-disné, sans qu'aucun livre puisse en estre déplacé ny osté sous quel prétexte que ce soit; mais il y aura des tables et des pulpitres pourlesd. estudians, prohibant par exprez ied. déplacement, mesme pour porter les livres dans la chambre des religieux, à payne de révo- cation du légat. Je veux que ladite rante de lad. somme soit employée à la réparation des relieures, avant que de l'employer en achapt de livres. Je déclare que dans Ied. légat tous mes livres y sont comprins, tant ceux de la maison de Caminade, que ceux quej'ay dans celle j'habite. Et j'entends qu'il soit mis un tableau sur la porte de lad. bi- bliothèque, qui contienne un sommaire de ma volonté, en latin, affin que les escholiers esirangers le puissent entendre et qu'ils veui- Ihent prier Dieu pour celuy qui leur donne moyen d'avancer leurs

esludes Je lègue aux pauvres escholiers de ceste université ,

qui n'auront pas encore pris leurs degrez de licence ou doctorat, es- tudians en droit ou théologie, la somme de 4îOOO livres. . . . voulant que les escholiers estudians en droit civil et canon soient préférés , au cas [où] il y en ayst de véritablement pauvres, ensuite les escholiers

de théologie , et ensuite de philosophie »

Celte bibliothèque, assez considérable , renfermait sans doute des

INTRODUCTION. xi

manuscrits, mais aucun de ceux que possède actuellement la biblio- thèque de Toulouse ne semble avoir appartenu aux présidents de Don- neville et de Caminade.' Quoi qu'il en soit, les Cordeliers exécu- tèrent fidèlement lesclauses du testament de leur bienfaiteur, et en 1786, d'après YAlmanach de Languedoc de Baour-Lormian, la bi- bliothèque était ouverte au public les mardi, jeudi et samedi de chaque semaine; le bibhothécaire était le P. Lagarde. La bibliothèque particulière du couvent était restée séparée , et n'était ])as publique.

Manuscrits venant des Franciscains:

N°' 7, 26, 32, io, 42, 52, 62, 90, 126, i45(?), i46, 1/17, 1/19, i5i,

l52, 182, 193, 196, 200(.5), 203, 205, 207, 208, 210, 211, 22^, 233,

253, 29i(.^), 3ii, 3i6, 320, 33o(?), 33i, 343, 382, 4i6, 422, 449, 46j, 816, 823,884.

En terminant, notons qvie le manuscrit n" 198, peu important d'ailleurs, vient du couvent des Franciscains de Mirepoix, et qu'au xvii'= siècle la plupart de ces manuscrits reçurent une reliure uni- forme , semblable de tous points à celle dont les Augustins firent mu- nir leurs volumes vers la même époque.

4. Cabmes, Chartreux, couvent de la Merci, Daurade, etc.

Nous ne mentionnerons que pour mémoire les manuscrits venant des Carmes (n" /|8/t), des Chartreux de Toulouse et de Castres (n"' 107 et 483), et du couvent de la Merci (n" ^91); ce dernier seul est intéressant au point de vue historique.

Le prieuré bénédictin de la Daurade a fourni un plus grand nombre de volumes, 2 1 , mais la plupart sans grande valeur. On peut y noter toutefois 3 bibles, un bon manuscrit des postilles d'Hugues de Saint- Cher (n° 45); quelques livres liturgiques datés; un curieux recueil de sermons prononcés à Toulouse au xiV siècle (n° 3 2 9 ) ; des exemplaires des constitutions de Cluni et des statuts de l'abbaye de Saint- Victor de Marseille (11°' 4 1 3-4 1 4 j. La Daurade possédait d'ailleurs une bonne

xii INTRODUCTION.

et nombreuse bibliothèque de livres imprimés, dont le catalogue fut

dressé en 1754.

La célèbre abbaye de Saint-Sernin n'a donné qu'un manuscrit, le 97 ; depuis 1 80/i, le célèbre évangéliaire de Cbarlemagne , conservé jadis dans cette abbaye, est à Paris; il est aujourd'hui à la Bibliothèque nationale ^ Citons enfin un manuscrit venant de Moissac (n° 1 79).

Manuscrits venant de la Daurade :

N°' 4, 5, 12, hb, 8i, 8A, 85, 87, 88(?), 106, 117, iSg, 177, 289, 290, 329, 4i3, /ii4, A20, /i2i (?), 496.

5. Capucins, Feuillants ET Minimes.

Des Feuillants, la bibliothèque de Toulouse n'a reçu que deux manuscrits sans importance (n"' 278 et /I19).

La bibliothèque des Minimes y est au contraire assez bien repré- sentée; 36 manuscrits viennent de ce couvent, et beaucoup sont in- téressants au point de vue historique. Les Minimes en effet possé- daient une belle bibliothèque au xviii'' siècle. Elle se composait de deux collections différentes; l'une , formée parles religieux eux-mêmes, comptait, vers 1720, 1,710 volumes; l'autre , donnée au couvent par Henri de Sponde, évêque de Pamiers (f i643), se composait de 3,428 volumes (n°' 88Ô-887). Le catalogue de cette seconde collec- tion fut dressé avec grand soin dans les premières années du xviii"' s. par le bibholhécaire du couvent, le P. Daguts. Henri de Sponde, frère du célèbre érudit Jean de Sponde, historien et juriste distingué, avait en effet légué toute sa bibliothèque, considérable pour le temps, aux Minimes de Toulouse; le fait est attesté par son biographe et ami, P. Frizon. Les manuscrits ayant cette origine sont d'ailleurs en petit nombre; citons seulement le manuscrit autographe de l'un des ouvrages de l'évèque de Pamiers, Cœmetaria sacra, imprimé en i638

' N. acq. lat. n* iggS; il a fait partie successivement de la bibliothèque du Louvre, puis du musée des Souverains.

INTRODUCTION. xiii

(n" 390). Au nombre des bienfaiteurs de la bibliothèque des Mi- nimes, il faut encore compter les demoiselles de Fieubet, de la fa- mille du premier président de ce nom, auxquelles elle fut redevable d'un magnifique missel richement illustré (n" 96). La plupart des autres volumes renferment des ouvrages de religieux de l'ordre des Minimes et du couvent de Toulouse; l'un d'eux paraît venir du cé- lèbre minime Emmanuel Maignan (n° 762). Les plus importants sont les recueils du P. Laporte (n°' 62 2-633), bibliothécaire de l'arche- vêque de Narbonne, Legoux de la Berchère; ce reHgieux avait, au cours de longs voyages en Italie, en Sicile et en France, rassemblé beaucoup de notes et de copies de manuscrits; il s'occupait principale- ment de l'histoire du Languedoc sous la domination des Goths, de l'histoire générale de l'église, de la ville de Narbonne, sa patrie, et de l'ordre dont il était membre. Aucun des ouvrages préparés par lui ne paraît avoir été publié, mais ses recueils, formant en tout 12 volumes, légués au couvent de Toulouse, renferment une quan- tité de textes intéressants, à divers titres, et des copies généralement correctes de documents historiques et diplomatiques d'une certaine importance.

Manuscrits venant des Minimes :

N°' 9, 95, i3i (.3), i56, 318, 254, 278, 35o, 35i, 353, 353, 35/j, 355, 356, 357, 358 , 387, 390, 492, 622, 623, 62/i, 625, 626, 627, 628, 629, 63o, 63i, 632,633,752, 785, 885,886, 887.

Les collections littéraires des Capucins de Toulouse étaient peu im- portantes, et les rnanuscrits que la bibliothèque municipale en a tirés ne présentent à peu près aucun intérêt; notons seulement une bible du xiii" siècle, un missel du xiv'', quelques méchants volumes de gé- néalogies et d'armoiries et un recueil sur Savonarole.

Manuscrits venant des Capucins:

N°'8,93, /|54(?), 455, 456, 457, /|58, 832.

XIV INTRODUCTION.

6. JÉSUITES ET Doctrinaires.

Le couvent et le collège des Jésuites ont également donné peu de chose; il est probable qu'à Toulouse, comme dans beaucoup d'autres villes, la compagnie réussit à soustraire au séquestre, lors de sa dis- persion, une partie de ses collections littéraires; un collège aussi florissant que celui de Toulouse devait posséder une belle collection de manuscrits ^ Quoi qu'il en soit, i5 volumes seulement viennent de cet établissement, et bien peu méritent d'être mentionnés; le meilleur est le 482 , contenant un recueil de miracles de la Vierge, composé en Angleterre au xii* siècle; les n°* 52^, 629, 536 et 55o avaient été donnés au couvent par l'archevêque de Toulouse, Colbert de Villacerf, mort en 1710. On verra plus loin comment, un peu plus tard, les Jésuites de Toulouse essayèrent vainement de se faire attribuer la riche bibliothèque de l'archevêque de Narbonne, Legoux de la Berchère. Citons encore un joli manuscrit exécuté en Italie et ayant fait partie de la bibliothèque des évoques d'Albi , puis de celle des Jésuites de cette ville; c'est probablement une épave de l'ancienne bibliothèque des évêques d'Albi de la famille d'Amboise (n° 817), et un cartulaire de la cathédrale de Chartres, venant du séminaire des Jésuites à Saint-Bertrand de Comminges (n" 690).

Manuscrits des Jésuites:

N"' 2, a, a3, 2/i, i8/i, 274 (.3), 482, 52d, 529, 536, 55o, 597 (?), 778, 786,801.

Le couvent des Doctrinaires de Toulouse a fourni quelques volumes manuscrits, venant presque tous de Bertier, évéque de Rieux, mort

' Nous en «onnaissons tout au moins propriété de Cambis - Veileion ( voir le

une épave , le cartulaire d'Alfonse de Poi- Catalogue de sa bibliothèque, p. 38o-

(icrs, vu chez les Jésuites de Toulouse par 383). Il a été racheté de nos jours par les

Catel, et copié en partie par le président Archives nationales à son dernier proprié-

Doat; il devint, à ia fin du xviii' siècle, la taire, industriel à Saint-Étienne.

INTRODUCTION. xv

en 1706. Citons les n»' SSg, 56 i, ^07 à ^09 et surtout les n°' 689- 6/io, copie d'un registre perdu, très intéressant pour i'hisloire admi- nistrative de la province de Languedoc à la fin du xiii" siècle. Au xviii" siècle, la bibliothèque des Doctrinaires portait le nom de biblio- thèque Saint-Rome. Notons encore un beau pontifical, qui a appar- tenu aux Oratoriens de Rieux (n" 1 23).

Manuscrits venant des Doctrinaires :

N°« 86, i33, A07, 408, 409, 539, 56i (?), 639,6/10.

» r

7. Eglise cathédrale de Saint-Etienne.

La bibliothèque de l'église cathédrale de Toulouse n'a fourni que trois volumes manuscrits aux collections municipales (n"' 67, 108 et 109), et encore ces deux derniers sont-ils sans intérêt. Le chapitre possédait cependant à la fin du moyen âge une précieuse collection de manuscrits, réunis par les soins du célèbre canonisle, Bernard de Rousergue. Ce prélat, ai'chevèquc de Toulouse de i^Sa à i475, avait légué ses livres au chapitre de Saint-Etienne , et du temps de Ber- trandi, c'est-à-dire au commencement du xvi'' siècle, ils étaient en- chaînés sur des pupitres dans le chœur de l'église cathédrale. Cet historien nous en a laissé un catalogue détaillé; ils étaient au nombre de 37; la plupart étaient fœuvre du donateur lui-même, traités de droit canonique et de politique, pamphlets contre les partisans du pape Benoît XIII et contre la Pragmatique sanction de Charles VII, etc. Mais quelques autres réunis par Bernard de Rousergue n'étaient pas son œuvre; tels .sont divers traités historiques (le faux Turpin, la vie de saint Bernard , etc. ) , et c'est par une erreur évidente que Ber- trandi les suppose tous composés par l'archevêque duxv° siècle. Quoi qu'il en soit, ce catalogue, perdu au milieu des Gesta Tholosanomm, nous a paru bon à réimprimer et on le trouvera à la suite de celte préface'. A quelle époque fut dispersée cette précieuse collection?

' Appendice, 4.

XVI INTRODUCTION.

Nous ne saurions le dire. Au temps écrivait Guillaume Catel, c'est- à-dire vers i63o \ elle existait encore en grande partie; c'est donc à l'incurie du chapitre de Saint-Etienne qu'il faut en attribuer la perte. Nous n'en connaissons que deux épaves : l'une est un recueil de trai- tés de droit canonique de l'archevêque de Rousergue, aujourd'hui conservé à Toulouse (n° 385), il vient du couvent des Dominicains il était conservé dès la fin duxvii'' siècle; l'autre est à Soissons (Bibl. municipale, n" 46) et a appartenu à l'abbaye de Prémontré. On peut dater du milieu du xvii® siècle la dispersion de la bibliothèque capi- lulaire de Saint-Etienne.

8. Bibliothèques Lefranc de Pgmpignan, Legoux de la Berchère,

COLBERT de CrOISSY ET SeCOUSSE.

En dehors des manuscrits provenant des bibliothèques énumérées plus haut, et de ceux qui ont fait partie de la bibliothèque du Clergé dont on parlera plus loin, les collections municipales de Toulouse ont recueilli environ 3oo volumes dont la provenance directe est moins certaine. Quelques-uns ont été sans doute trouvés dans les hôtels des nobles, des prêtres et des magistrats proscrits à l'époque révolutionnaire; d'autres ont pu faire partie de bibliothèques conven- tuelles non marquées; mais la plupart ont appartenir à Lefranc de Pompignan. On sait en effet que ce magistrat, poète peu lu aujour- d'hui , et connu surtout par les épigrammes de Voltaire , avait rassem- blé une très belle bibliothèque d'imprimés et de manuscrits, biblio- thèque ,que l'archevêque de Toulouse, Loménie de Brienne, fit acheter pour le Collège royal, avec l'intention de l'ouvrir au public. Cette acquisition était déjà chose faite en août i ySS, lejour l'éloge de Lefranc de Pompignan fut lu à l'Académie de Toulouse^; Lefranc était mort le i" novembre de l'année précédente. Malheureusement il ne fut dressé aucun inventaire des livres acquis à ce moment, ou du moins nous ne l'avons pas retrouvé, et reconnaître les manuscrits

' Mémoires de l'histoire du Languedoc ' Mémoires de l'Académie, t. III,

(i633), p. 939. p. 32.

INTRODUCTION. xvii

qui ont fait partie de ce premier fonds n'est pas chose facile. Voici pourtant une liste provisoire, que nous croyons assez exacte; pour la dresser nous avons suivi les règles suivantes : attribuer à la biblio- thèque de Lefranc tous les manuscrits traitant de l'histoire du Quercy ou de Montauban (il était, on le sait, premier président à la Cour des aides de cette ville), et ceux qui par leur contenu ont rapport aux études de ce magistrat ou aux personnes de son entourage :

293, cahiers de cours de théologie d'un chanoine de Montauban; 37 A, cours de droit canonique, ayant appartenu à un collégial de Pellegri à Gahors, au xv" siècle; 4oô, conférences ecclésiastiques du diocèse de Cahors; 428, même remarque que pour 37/1; 58 1, recueil sur les chambres des comptes; 608, histoire des Al- bigeois, en provençal et en prose; 719^ ouvrages sur le Quercy et sur l'Université de Cahors; 720 à 727, autres volumes sur le même sujet, avec pièces sur la famille Lefranc; 85o à 867, chan- sons historiques; 861, poésies dont plusieurs composées à Ca- hors; — 879, recueil sur les affaires du temps.

Le résultat de ce premier examen est assez mince ; mais il y a tout lieu de croire que c'est par Lefranc de Pompignan que sont venus cer- tains manuscrits, qui avalent figuré dans diverses collections du xvni" siècle. Nous en citerons quatre plus ou moins connues, des- quelles nous dirons quelques mots : ce sont celles de Tristan d'Usson, de Legoux delà Berchère, archevêque de Narbonne, de Colbert de Croissy, évèque de Montpellier, et enfin de Secousse.

Du premier de ces quatre collectionneurs nous savons seulement qu'il était du diocèse de Pamiers, frère de Bonrepaux, négociateur célèbre de la fin du xvii" siècle, et qu'il passa sa vie dans la retraite, occupé d'ouvrages de piété et de polémique; il appartenait au parti janséniste. Les manuscrits suivants viennent de lui : n"' 276, 276, 281 à 285, Ag/i, 879. Le recueil n" 879 paraît avoir été formé par lui et complété par Lefranc de Pompignan; c'est ce qui nous fait croire que les manuscrits de Tristan d'Usson furent en partie achetés par le président à la Cour des aides de Montauban.

MAK. DBS BIBL. VII. C

IHrtlMEKJI MitlOXill.

xvti, INTRODUCTION.

C'est aussi , croyons-nous, par Lefranc de Pompignan que quelques- uns des manuscrits rassemblés par Legoux de la Berchère, arche- vêque de Narbonne, sont arrivés à Toulouse. Ce prélat, archevêque de 1703 à 1719, fut un des plus éclairés de son temps; grand hi- bliophiie, il rassembla une admirable collection, dont le catalogue nous a été conservé; très instruit, il encouragea les lettres et les arts et prit comme son successeur, de Beauvau, une part importante aux tra- vaux préparatoires de l'histoire de Languedoc des Bénédictins; il avait pour bibliothécaire le P. Laporte, ce reUgieux minime dont nous parlons plus haut. Cette bibliothèque fut convoitée par les Jésuites de Toulouse, qui chargèrent le célèbre P. Vanière de la négociation. Les sollicitations de leur ambassadeur, ses vers latins, eurent un succès complet; l'archevêque légua en mourant sa collection de livres au couvent de Toulouse. Mais les Jésuites avaient compté sans les héri- tiers du prélat, qui leur intentèrent un procès en caplation; gagné par les Pères en première instance au Parlement de Toulouse, il fut perdu par eux devant le Conseil d'Etat du roi , en dépit des efforts du P. Vanière, qui, chargé par ses confrères de suivre l'affaire, ne mé- nagea ni les factums, ni les vers latins à l'adresse du cardinal de Fleury; en 1730, l'affaire était encore pendante^ La conduite, fort honorable en somme, du P. Vanière lui valut de réels ennuis, et plus tard ses arrière-neveux eurent à défendre sa mémoire contre des imputations calomnieuses^. Le procès dut tramer de longues années, car Vanière était mort depuis deux ans quand les héritiers de Le- goux de la Berchère se décidèrent à faire vendre la bibliothèque; le catalogue en parut à Toulouse en 1741'. Dans ce catalogue très mé- thodiquement fait, nous avons pu reconnaître plusieurs des manu- scrits aujourd'hui à Toulouse, Tels sont les n°' 2 73 , 622, Sgô , A67, oi5,ôi7,523,6o5ou6o6, 799. Remarquons : i" que les n" 272,

' Delisle, Mélanges de bibliotjrapkie et a88, et de Backer, Bibl. des auteurs de la

de paléographie, p. 456. Compagnie de Jésus, in-fol., t. III , art. Va-

* Voir Journal de Paris, du la mars nière. I787;i4nn^e/(«eraire, 1787, t. IIl,p. 276- ' 2 vol. in-8°.

INTRODUCTION. xii

022, SgS et SaS furent acquis par l'abbé d'Héliol et donnés par lui à la bibliothèque du clergé; que plusieurs de ces manuscrits portent le nom de M^'' de Beauvau , successeur de Legoux de la Ber- chère, archevêque de Narbonne, et que ce prélat, mort en 1 ySg, pa- rait avoir eu sa vie durant la jouissance de la bibliothèque de son prédécesseur. C'est vraisemblablement de Legoux que vient un beau manuscrit de Gratien, conservé à la bibliothèque de Nîmes sous le 67, et qui porte le nom de l'archevêque de Beauvau '.

La troisième bibliothèque dont nous devons parler est celle de Colbert de Croissy, évéque de Montpellier de 1696 à i^SS. Ce pré- lat, connu par sa piété, son zèle janséniste et ses querelles avec les jé- suites de son diocèse, était un bibhophile distingué. Il avait acquis la très belle bibliothèque de son prédécesseur, Charles de Pradel; le premier fonds de cette bibliothèque venait de l'évêque érudit de Lo- dève, Plantavit de la Pause (+ i648); il avait été accru par François Bosquet, évêque de Montpellier, et légué par celui-ci à Charles de Pradel-, son neveu. Très riche en beaux livres imprimés et manu- scrits (elle renfermait notamment le célèbre registre d'Innocent III, employé par Baluze et aujourd'hui au Vatican), cette bibhothèque fut fort accrue par son dernier possesseur, qui choisit pour cor- respondant et pour conseiller le plus compétent des érudits, nous voulons parler de D. Vaissete. Nous avons nombre de lettres écrites par l'évêque au savant, et dans presque toutes il est question de livres à acheter, de suites d'ouvrages à acquérir, de volumes à relier*. Col- bert de Croissy légua sa bibliothèque à l'hôpital de Montpellier à charge de la vendre; il lui supposait une valeur de 60,000 livres, et ordonnait de l'offrir d'abord à ce prix au marquis de Torcy, son pa- rent, et à défaut de celui-ci à ses autres parents. Le bureau de l'hô- pital recourut encore une fois aux bons offices de D. Vaissete; les

' Un manuscrit venant de Legoux a été ' Article de M. Meyer, /Jom«;iin,t.VIIl,

acquis tout récemment par ia Bibliothèque p. 3o5 cl suiv.

nationale. Voir Delisle, Ottvraje Cite', 455- ^ Bibl. nat., Collection de Languedoc,

457. vol. CLXXXIII.

M INTRODUCTION.

lettres reçues par celui-ci nous apprennent que le marquis refusa le legs onéreux à lui fait par le prélat, et que les libraires de Paris, pro- fitant de l'embarras des légataires, offrirent la somme dérisoire de 20,000 livres. Après de longues hésitations, on se décida à faire imprimer un catalogue sommaire, qui parut à Toulouse, chez le li- braire Caseneuve, en deux volumes in-8°. La dispersion de cette pré- cieuse collection fut rapide et complète; plusieurs manuscrits très in- téressants sont aujourd'hui à Cambridge, au collège de S. John, M. Meyer les a retrouvés; quelques-uns toutefois existent à Toidouse nous avons pu les reconnaître. Voici une liste sommaire de ces der- niers : n°* 37 1 , œuvre du canoniste Thomassin, donné par Loménie de Brienne; 368, bon exemplaire des collections de Décrétales anté- rieures à Grégoire IX; /il i-Ai 2 , deux volumes sur les matières ecclé- siastiques; /198, histoire du conclave d'Alexandre VII, par Gourreau; 61 1-61 3, précieux recueils sur l'administration de Damville en Lan- guedoc, cités par D. Vaissete sous le titre de Mémoires de Charre- tier.

Nous arrivons maintenant à la bibliothèque de Secousse. Inutile de faire l'éloge de cette collection, l'une des plus belles et des plus com- plètes qu'érudit ait jamais rassemblées; il suffira de rappeler qu'elle renfermait entre autres les portefeuilles des Godefroy, aujourd'hui à la bibliothèque de l'Institut. Le catalogue en fut publié en lyôÔ, et nous y avons noté plusieurs manuscrits qui se retrouvent à la bi- bfiothèque de Toulouse; en voici la liste : le numéro actuel 5 18, parait être le n" 997 du catalogue imprimé; le manuscrit 554 est le 6191 du même catalogue imprimé; le 558 est le 6192; 559 est le n" 6194; le manuscrit 693 vient de Secousse, mais nous ne l'avons pas retrouvé dans le catalogue.

9, Bibliothèque du clebgk.

C'est à l'archevêque Loménie de Brienne que la ville de Toulouse est redevable de l'acquisition de la bibliothèque de Lefranc de Pom-

INTRODUCTION. mi

pigoan, premier fonds de la bibliothèque actuelle ; c'est à lui également qu'elle doit la bibliothèque du Clergé, qui longtemps séparée de la précédente, lui a été définitivement réunie en 1866.

Toutefois le véritable auteur de cette collection assez importante est l'abbé Benoît d'Héliot. à Toulouse en 1 ôgS , cet ecclésiastique, d'abord directeur du séminaire de Mirepoix sous l'épiscopat de M. de Maniban, devint plus tard vicaire à Saint-Etienne de Toulouse, puis curé de Colomiès, abbé commendata'ire de Parai-Neuf, enfin profes- seur des libertés de l'église gallicane à l'université de Toulouse. En 1 77Ô, il légua toute sa bibliothèque au clergé de Toulouse, à condi- tion de l'ouvrir au public; il mourut le 16 janvier 1 779. Ce premier fonds se composait d'environ i5,ooo volumes auxquels vinrent s'ajouter beaucoup d'ouvrages donnés les luis par le clergé, les autres par l'archevêque Loménie de Brienne. En 1786, d'après i'Almanach de Languedoc de cette année, rédigé par Baour-Lormian, la biblio- thèque était ouverte les lundi, mercredi et vendredi de chaque se- maine, et avait pourbibliothécaire M. Barreau, pour sous-bibliothécaire M. Lasserre.

Les manuscrits venant certainement de cette bibliothèque et mêlés par nous à ceux de l'ancien fonds, sont au nombre de io3; quelques- uns de ceux pour lesquels nous n'avons trouvé aucvme provenance en viennent peut-être aussi; 1 1 ont été donnés par le clergé; 7 par Loménie de Brienne, et 85 faisaient partie du premier fonds de l'abbé d'Héliot.

Les manuscrits venant du clergé s